L' Escalier de la Méditation (Les 8 étapes du parcours)

Dernière mise à jour : janv. 6

Il y a mille techniques de Méditation, Autant de façons de méditer que de méditants.

Et autant de chemins spirituels: le Bouddhisme Zen, Tibétain, la pratique Taoïste, tous recherchent un fruit proche... comme autant de voies menant "au centre du non-soi". Mais voici que l'ère moderne complique les choses en les simplifiant. Le message essentiel semble se perdre, ou reste méconnu : la méditation devient une pratique de bien-être ultime - ce qu'elle peut-être par ailleurs -. Aussi il n'est sans doute pas superficiel d'en rappeler son usage profond, et le parcours par étapes qu'elle décline sous les pas du méditant.





Tout parcours commence par son début, et il y a deux faits admirables à propos de la méditation, c'est que, d'une part, le pratiquant n'a de cesse de revenir à ses débuts, et que d'autre part, la pratique à toujours un goût de découverte, même trente ans après. Je décris cela comme la fraicheur initiale.


Dés le départ, la pratique offre un accès au calme. Le pratiquant expérimente les états de détente, même s'ils ne durent pas. Il développe déjà la conviction qu'un silence bienveillant réside en lui, et qu'il à la faculté d'y revenir parfois. La plupart des pratiquants restent à ce niveau de bien-être fragile. Certaines fois, le calme est là, et d'autres fois, il n'y a rien de notable. Patience... et persévérance. La seule chose à faire à ce stade c'est d'allonger le temps de pratique et d'être régulier.



Avec un peu de ténacité, la pratique quitte "la surface" et révèle des blessures émotionnelles. Les plus récentes, puis les plus anciennes sont passées au crible de la conscience qui est au travail... de façon passive comme analytique. Mais attention, le plus sûr est d'être guidé dans les étapes de désédimentation de la souffrance par des techniques et des enseignants adaptés, car cette étape est faite de turbulences. Elle est inconfortable, et laisse à penser que des changements commencent à s'opérer. Une attitude et un comportement nouveaux s'entrevoient mais le doute, les débordements intempestifs et les sorties de route sont toujours là. C'est l'égo qui se débat.



Avançant dans la pratique sûre, l'esprit se centre, l'énergie se rassemble, le corps se discipline véritablement. Le pratiquant comprend comment maintenir l'état longtemps, comme porté par une force intérieure qui semble intarissable. L' expérience atteint un degré important de tranquillité et de sérénité. C'est l'étape de l'ouverture à la contemplation.


L' énergie croît, la force spirituelle aussi, les émotions négatives qui peuvent poindre sont balayées désormais rapidement, les pensées ne sont plus importantes. Le pratiquant parvient à "chevaucher le vent" et jouit d'expériences profondes qui ont trait à la félicité et s'élèvent spontanément. C'est l'étape bienheureuse du développement, ou l'expérience devient à la fois limpide et puissante.


Puis, le pratiquant creuse ses états d'absorption en allongeant son temps de pratique et en s'abandonnant à la félicité. Nous pouvons trouver une description des huit degrés supérieurs de la conscience élargie et lumineuse dans le texte du "chemin de la pureté" de Buddhaghosha. Guérison, bien-être, paix profonde, extases, bonheur et lumières peuvent alors se développer.


La pratique s'infuse désormais tout à fait dans les états du quotidien et pénètre les bardos. Les enjeux et formes de pratique changent. Le méditant accède également au sommeil "Yogique", conscient, ou la présence continue est drapée d'une obscurité lumineuse. Chaque chose est vécue pour ce qu'elle est, le pratiquant est de moins en moins tenu par ses propres illusions. L' esprit accède à des bénédictions puissantes qui se manifestent régulièrement, mais surtout, les pratiques formelle et informelle se transforment en un long ciel pur. C'est également à cette étape que la deuxième phase dite du "renoncement" ou de la "dissolution du soi" s'exprime le plus, un peu comme si l'atteinte d'un sommet paroxysmique des manifestations de toutes sortes laissait place à un versant plus dénudé, sobre, ou il est question de laisser partir les états d'absorption qui ne sont finalement que des constructions de plus. L'atteint de cette vue, et le fait de la cultiver, c'est la stabilité de la vue pure.


Notez que chaque étape nécessite des pratiques spécifiques. Et enfin, par l'avènement de la stabilité continue de l'esprit, la pratique mène le méditant, ou qu'il soit, "aux confins du vide", le lieu secret ou expression des manifestations et réalité ultime se rejoignent, et s'éteignent définitivement les illusions: c'est "l'état d'où l'on ne peut régresser": l'éveil spirituel.


Terminons par un humble souhait: Que le débutant qui trouve réconfort aux prémices de la pratique puisse s'ouvre à sa dimension réelle. C'est de cela dont le monde à besoin aujourd'hui.


Sylvain Mira


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